European Endurance Legend Cup 2019

Le Team SuperBolide a participé à la première manche de l’EELC 2019, le championnat d’Europe d’Endurance en motos classiques lors du Sunday Ride Classic. Nous avons roulé en catégorie Classic avec la Kawasaki 1170 N° 111 et nous espérons participer à la totalité du championnat. Pour cette course, les pilotes sont Denis Zanon, Christophe Gaime et le team manager Philippe Lebeau. 

Nous vous proposons de partager la préparation et notre week-end de course.

Mars – avril 2019

Notre Kawasaki a été achetée à Philippe Mosbeux, fine gâchette des courses classiques en équipe avec Eric Mizera. La moto a fait la pole position au Bol d’Or Classic 2012 et une seconde place en qualification à Spa. Elle n’avait pas tourné depuis plusieurs années. Lors de cet achat, je suis très efficacement conseillé par Hans Kuhl, ancien concessionnaire Kawasaki à Rennes et qui profite de sa retraite pour préparer de belles motos qui ont gagné deux fois le Bol d’Or Classic avec Gérard Jolivet et Christophe Gaime. Après une rapide remise en route, le moteur de notre Kawasaki est confié à Patrick Long, le boss de la concession Kawasaki Technic Moto à Annecy. Il est intégralement démonté pour vérifier l’état des pièces. A notre grande surprise, les pistons Wiseco sont intégralement neufs et toutes les pièces mobiles en parfait état. Patrick le remonte soigneusement, optimisant tous les réglages avec quelques précieux conseils à distance de Hans.

Le remontage du moteur dans le châssis permet d’optimiser certains composants et de se familiariser avec la moto pour des interventions mécaniques plus rapides. Dans sa configuration actuelle, bien qu’extrapolée de la série, toute la moto est pensée pour la course dans ses moindres détails.

Mardi 30 avril – Rodage sur le Circuit de Bresse

Un moteur neuf, c’est bien, mais encore faut-il le roder et vérifier qu’il fonctionne correctement. De plus, je n’ai jamais roulé sur ce genre de moto. Nous avons donc programmé une journée d’essais sur le Circuit de Bresse. Les trois roulages du matin sont effectués à bas régime. Certes, ce circuit est un petit tracé avec peu de grands virages et, sur le papier, la 1170 s’annonce camionesque. Pour augmenter la difficulté, les pneus Avon retrouvent la piste après six ans d’inutilisation et de durcissement. A ma grande surprise, la moto est agréable à conduire, même si les pneus génèrent un comportement « Holiday on Ice ». L’après-midi, je commence à monter dans les tours, ce qui met en exergue un problème : la moto semble puissante mais il y a un énorme trou de carburation entre 4000 et 5000 tr/mn. Est-ce dû au DB killer ou à une autre raison ? Le prochain roulage aura lieu lors des essais de l’EELC le 10 mai, la veille de la course. Au Paul Ricard, les paramètres seront différents : autre altitude, autre température, autres bougies, pas de DB Killer. Nous devrons faire des essais de carburation pour résoudre ce trou avant les qualifs, pénalisant car situé à mi régime. On va trouver ! 

Jeudi 2 et vendredi 3 mai

Pénurie totale de pneu Continental en 18′ Classic. Patrick Long réussit à nous dénicher les trois derniers disponibles en France. Ouf !

Samedi 4 mai

Matinée passée avec Alain Genoud, boss de Godier-Genoud et deux fois vainqueur du Bol d’Or. Alain fait une révision méticuleuse de la fourche et j’en profite pour acheter quelques pièces pour optimiser la 1170. Alain sera présent au Sunday Ride Classic et le fait qu’il sache comment est pré-réglée la fourche sera un plus pour optimiser son fonctionnement.

Jeudi 9 mai

En route pour le Circuit Paul Ricard. Nous quittons la pluie pour rejoindre le soleil. Dernières finitions de la Kawasaki pendant le trajet. Nous profitons de chaque arrêt pour mettre une couche de peinture sur le carénage…

Arrivée sur le circuit à la tombée de la nuit. Nous rejoignons Denis Zanon, ami de 30 ans et co-pilote, et nos potes du Team N°6 Hyper U La Montagne managé par Hans Kuhl avec lequel nous allons partager le box et de mémorables moments de mécanique. Nous ne résistons pas au plaisir de faire un tour du circuit de nuit, en vélo et en footing. Moment extraordinaire !

De retour au box, je constate de nouveaux problèmes électriques ; plus de phare et moment de solitude… La moto devant passer au contrôle technique le lendemain matin, pas question de se coucher sans avoir réglé le problème, ce qui sera fait vers minuit.

Vendredi 10 mai

Journée dédiée au contrôle technique, aux essais libres et aux qualifications. Elle fut surtout consacrée à régler des problèmes techniques et à optimiser la moto. Si le temps au stand fut stressant, les séances sur pistes furent extraordinaires. Le circuit Paul Ricard est absolument génial et le revêtement a été refait depuis le Bol d’Or Classic 2018. En conséquence, le grip est énorme, permettant des prises d’angle que je n’aurais jamais imaginé avec les pneus étroits de nos « vieilles » motos. N’ayant pu participer aux essais libres du matin, car obligé de régler les derniers problèmes sur la machine avant le contrôle technique, nous avons juste droit à une rapide séance d’essai pour découvrir la moto et (ré)apprendre le circuit. Pas grave, les séances qualificatives nous serviront à optimiser notre Kawasaki 1170. Nous allons successivement régler, entre autres, des problèmes de frein, d’électricité, de garde au sol… Qualifiés en 38ème position, nous attaquons la séance d’essai de nuit, qui met en exergue un problème d’alternateur. Manifestement, pendant la course, nous devrons changer de batterie à chaque arrêt au stand, sans pour autant être certains d’avoir suffisamment de réserve d’électricité pour tenir les 40 minutes de chaque relai. Pas idéal pour faire une performance et plus concrètement pour finir la course…

Samedi 11 mai

Aujourd’hui, c’est enfin jour de course ! Le programme d’essai est peu chargé, avec juste un warm-up programmé en début d’après-midi. Cette rapide séance nous permettra de roder le pneu arrière et de continuer l’apprentissage de nos cerveaux aux hautes vitesses ainsi qu’aux freinages limites. Le matin, nous profitons du soleil du Sud pour flâner dans les box du Sunday Ride Classic. Je croise Kevin Schwantz, tout sourire, marchant simplement au milieu de la foule. Exceptées la Ducati Desmocedici,les motos de cross et de flat track, quasiment toutes les machines de mes rêves sont là : Honda NSR, ROC 500 Yamaha, Honda RC213V-S, Yamaha 500 et 750 OW, Ducati Panigale V4, MV Agusta, Honda CBX, Suter mmx 500… Je suis comme un adolescent feuilletant Playboy ! Toutefois, notre Kawasaki 1170 réclame quelques soins et nous ne nous attardons pas devant toutes ces beautés. Surtout, nous n’avons toujours pas résolu notre problème de charge de batterie. Finalement, Hans débusquera le problème, nous permettant de retrouver l’électricité nécessaire au fonctionnement du moteur et de l’éclairage pour les quatre heures de la course.

Le départ sera du type Le Mans. Au drapeau national, nous devrons traverser la piste en courant, démarrer le moteur et prendre la piste. Nous avons programmé six relais de 40 mn.

A 18h, la tension commence à monter. J’ai sollicité mes coéquipiers pour avoir l’honneur de faire le premier relai. A 18H40 je démarre la moto pour le tour de formation. Dix minutes plus tard, nous simulons un premier départ en courant, enchainé par le tour de chauffe. A 19h, le vrai départ est donné. Je cours vers ma moto, la démarre… et évite de justesse un pilote encore à pied au milieu de la piste ! Il est tombé en courant, s’est blessé et il finit sa course à pieds au ralenti en boitant… Je profite de ce bon départ pour gagner de quelques positions. Le premier tour n’est pas très rapide car nous sommes encore serrés et cela bouchonne. Je ne gagne qu’une ou deux places, mais je repère où freinent les trois motos devant moi, ce qui me permet de les doubler dans les deux tours suivants. Le peloton s’étire et la vitesse augmente. Dans le soleil couchant du Paul Ricard, les sensations de vitesses sont féériques. J’ai trouvé une bonne trajectoire dans le double droit du Beausset, ce très long virage mythique et complexe ; le plaisir est gigantesque ! Je me sens super bien. Nous sommes trois pilotes en bagarre à nous doubler et nous redoubler pendant plusieurs tours. A partir de la 35ème minute, je commence à faire des erreurs, ce que je comprends être de la déconcentration. Le Mistral commence à souffler fort. J’assure les derniers tours puis rentre au box pour transmettre la moto à Denis. Nous perdons énormément de temps lors du ravitaillement en essence, notre système de remplissage rapide s’avérant être extrêmement lent… Denis repart le couteau entre les dents. S’il a un long passé en tout-terrain, notamment MX et Supermotard, c’est sa première course de vitesse. Il pilote dans des chronos très corrects. A trois tours de la fin de son relai, apparait sur les écrans du box « 111 Crash – Pilot OK » ! Denis a perdu l’arrière et a chuté. La moto a longuement glissé jusqu’aux vibreurs qui ont arraché le carter d’allumage. Game Over !

Je me dirige alors vers l’entrée de la voie des stands, là ou le camion va ramener Denis. Je repense alors au Bol d’Or Classic 2013, ma première course sur circuit. J’avais chuté en seconde manche, et j’étais revenu au stand avec la moto dans la camionnette. A l’arrivée, le team manager s’était jeté sur la moto pour constater les dégâts, sans s’inquiéter une seconde de ma santé. Or c’est un moment psychologiquement très difficile, où l’on éprouve une grande culpabilité, celle d’être responsable de l’abandon de toute l’équipe. A l’époque, j’avais mis beaucoup de temps à digérer mon erreur. J’en avais tiré de grandes leçons de management d’équipe. Aujourd’hui, je suis le team manager. Alors, lorsque Denis arrive, je m’inquiète de lui avant de m’occuper de la moto et je choisis mes mots. Denis à un doigt amoché et surtout le moral en berne. En dehors de l’allumage, la moto a peu de bobo. Christophe, hélas, ne roulera pas en course.

L’expérience globale du week-end reste très positive. Nous avons beaucoup appris, tant dans les stands que sur la piste. Nous avons rencontrés des gens formidables au sein des équipes voisines et surtout dans l’équipe de Hans Kuhl et Gérard Jolivet, deux personnalités en or.

Le dimanche matin, nous rangeons le matériel puis partons nous balader dans les stands du Sunday Ride Classic. Décidément, cet événement est vraiment incroyable ! Avant de partir, Denis, son fils et moi nous rendons au restaurant du circuit pour un dernier café, où nous rencontrons tout à fait par hasard Freddy Spencer. Génial, je viens juste d’achever de lire FEEL, le remarquable livre qu’il a écrit, et j’ai quelquesquestions. Nous discutons plusieurs minutes pendant qu’il dédicace chaleureusement son bouquin. Belle conclusion pour un week-end hors norme !

Philippe Lebeau

L’European Endurance Legend Cup (EELC) est un championnat en motos classiques, qui comprend 4 épreuves d’endurance. L’objectif est de faire courir des motos construites jusqu’en décembre 1986 dans une vraie série d’endurance classique sous l’égide de la FIM.

Calendrier 2019 :

– Le Castellet, durant le Sunday Ride Classic – France –  11 & 12 mai

– Oschlersleben – Allemagne – 7 & 8 juin

– Spa Francorchamps – Belgique – 6 & 7 juillet

– Misano – Italie – 11 & 12 octobre.

Catégories :

– Classic : 1969-1981 – 2 soupapes > 1300cc ou 4 soupapes > 1000cc

– Maxi-Classic : 1975-1984 – 4T refroidissement à air ou 2T refroissement air ou eau > 1300cc

– Formula : 1972-1986 – Refroidissement par air, eau ou huile – 4 cylindres > 750cc ou 2 cylindres > 1000 cc

– Open : 1975-1986 – Refroidissement par air, eau ou huile > 1300cc

Les teams sont composés de 2 ou 3 pilotes, qui se relaient durant 4 heures.

MERCI !

Merci à notre ami Hans Kuhl, team manager de la N°6 et ingénieur de piste de génie, sans lequel nous n’aurions jamais pris le départ.

Merci à tout le staff de l’équipe N°6, notamment Véronique, qui nous a accueilli à leur table tout le week-end. Les coups de main d’Yvan et Guy ont été salutaires. Merci à Amaury Leroux du team N° 38 et à Gérard Jolivet pour sa joie de vivre, sa bienveillance et ses conseils de pilotage. 

Merci à Jean-Pierre Bonato d’organiser un événement aussi génial que le Sunday Ride Classic.

Merci à Alain Genoud (Godier Genoud), Eric Bruni (Carrosserie Crochet à Annecy). Une mention spéciale pour Patrick Long, boss de Kawasaki Technic Moto à Annecy, qui a personnellement démonté, contrôlé et remonté notre moteur avec professionnalisme et passion. Assurément de très bonnes adresses !

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